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Open RAN : l'architecture ouverte peut-elle briser le duopole Ericsson-Nokia ?

Open RAN : l'architecture ouverte peut-elle briser le duopole Ericsson-Nokia ?

25 septembre 2026 16 min de lecture
Open RAN architecture réseau opérateur télécom : analyse critique, enjeux de souveraineté, retours de terrain 1&1 et Rakuten, limites techniques et économiques face au duopole Ericsson-Nokia.
Open RAN : l'architecture ouverte peut-elle briser le duopole Ericsson-Nokia ?

1. Open RAN architecture réseau opérateur télécom : promesse de rupture ou mirage contrôlé ?

Open RAN architecture réseau opérateur télécom est devenue le mantra des directions techniques qui veulent reprendre la main. Dans les faits, cette architecture de réseau d’accès radio dite open vise à désagréger le RAN intégré classique en unités fonctionnelles distinctes, reliées par des interfaces normalisées, pour que plusieurs fournisseurs puissent coexister dans un même réseau. Sur le papier, ce découpage du réseau d’accès radio en unités logiques et physiques semble offrir une alternative crédible au duopole Ericsson Nokia, mais la réalité industrielle est nettement plus rugueuse.

Dans un réseau mobile traditionnel, le RAN repose sur des composants propriétaires étroitement couplés, depuis les unités radio jusqu’aux BBU installées dans les shelters, ce qui verrouille les opérateurs chez un seul fournisseur. Avec une architecture Open RAN, ces composants propriétaires sont remplacés par des unités radio plus ouvertes, des BBU virtualisées conteneurisées et un découpage réseau clair entre plan de contrôle et plan utilisateur, ce qui permet théoriquement de mixer plusieurs fournisseurs services sur un même site. Les opérateurs parlent alors de RAN open, de Cloud RAN et de RAN RIC comme d’un triptyque technologique censé réduire le coût total de possession et accélérer l’innovation.

Dans la pratique, chaque réseau reste un cas particulier, avec ses contraintes de transport, de synchronisation et de gestion des interférences, ce qui complique fortement l’intégration multi vendeurs. Les retours de terrain montrent que les gains qui réduisent le coût ne sont pas automatiques, car le coût total de test, de validation et de support explose dès que trois fournisseurs ou plus partagent les mêmes unités radio et les mêmes interfaces. Open RAN architecture réseau opérateur télécom n’est donc pas une baguette magique, mais un changement de modèle industriel qui déplace les coûts plutôt qu’il ne les efface.

Du RAN monolithique au RAN open : ce qui change vraiment

Dans un RAN monolithique, la chaîne radio repose sur un couple RRH unités radio et BBU, souvent du même constructeur, reliés par une interface propriétaire. Le passage à un RAN open impose un découpage précis entre unités radio distantes, unités centralisées et fonctions virtualisées conteneurisées, avec des interfaces ouvertes définies par l’alliance RAN et par l’O-RAN Alliance. Ce découpage réseau transforme la façon dont les opérateurs conçoivent le transport, la synchronisation et la gestion des services, car chaque fonction peut être déplacée dans le cloud ou rapprochée du site radio selon les besoins.

Concrètement, les unités radio deviennent plus standardisées, les RRH unités sont reliées à des unités centralisées via un réseau de transport IP Ethernet, et les fonctions de BBU sont découpées en unités logicielles hébergées sur des serveurs génériques. Cette architecture Open RAN architecture réseau opérateur télécom permet d’introduire un contrôleur RIC, ou RAN Intelligent Controller, qui pilote en temps quasi réel l’optimisation radio, le handover et la gestion des interférences, en s’appuyant sur des applications logicielles tierces. Les opérateurs peuvent alors tester des algorithmes d’optimisation différents sur un même réseau radio, sans changer les équipements physiques déjà déployés.

Ce basculement vers des fonctions virtualisées conteneurisées rapproche le RAN des pratiques déjà adoptées dans le cœur de réseau, avec la virtualisation des fonctions réseau et le network slicing. Les mêmes serveurs peuvent héberger plusieurs tranches de réseau, chaque tranche disposant de ses propres paramètres de qualité de service, de sécurité et de gestion, ce qui renforce la flexibilité de l’architecture. Mais cette flexibilité a un prix, car le réseau de transport doit être dimensionné pour absorber la hausse de trafic entre unités radio, unités centralisées et data centers, sous peine de transformer un gain théorique en goulot d’étranglement très concret.

2. Souveraineté, big tech et Open RAN : qui tient vraiment les rênes ?

Pour les décideurs européens, Open RAN architecture réseau opérateur télécom est d’abord une question de souveraineté industrielle. Après l’exclusion partielle de Huawei des réseaux 5G, le marché s’est recentré sur deux grands fournisseurs, Ericsson et Nokia, ce qui renforce la dépendance des opérateurs à un duopole difficilement contournable. En ouvrant les interfaces radio et en favorisant un RAN open, les régulateurs espèrent faire émerger de nouveaux fournisseurs européens sur chaque unité fonctionnelle, depuis les unités radio jusqu’aux logiciels de gestion.

Cette vision suppose que les opérateurs puissent combiner plusieurs fournisseurs services sur un même réseau radio, en s’appuyant sur des interfaces normalisées par l’alliance RAN et par l’O-RAN Alliance. Dans ce schéma, un acteur comme Juniper peut fournir le réseau de transport IP, un autre les unités radio, un troisième les fonctions virtualisées conteneurisées, pendant qu’un hyperscaler héberge le Cloud RAN et le RIC. La promesse est séduisante, car elle semble réduire le coût total de possession en mettant en concurrence chaque fournisseur sur une brique précise de l’architecture.

La réalité est plus ambivalente, car les big tech comme Google, Microsoft ou Amazon Web Services voient dans Open RAN architecture réseau opérateur télécom une opportunité de déplacer le centre de gravité vers leurs infrastructures cloud. En hébergeant les fonctions BBU, le RIC et les services de gestion sur leurs plateformes, ces acteurs deviennent des points de passage obligés pour les opérateurs, qui échangent une dépendance aux composants propriétaires radio contre une dépendance au cloud. La souveraineté ne se mesure alors plus seulement en nombre de fournisseurs, mais en capacité à garder la maîtrise des données, des interfaces logicielles et des décisions d’architecture.

Open RAN, Wi-Fi 7 et virtualisation : même combat pour le contrôle du réseau

Les débats autour d’Open RAN architecture réseau opérateur télécom rappellent ceux sur l’évolution du Wi-Fi vers le Wi-Fi 6 puis le Wi-Fi 7, où la virtualisation et la gestion logicielle prennent le pas sur le simple débit théorique. Les ingénieurs réseau qui comparent les différences entre Wi-Fi 6 et Wi-Fi 7 dans leur réseau au quotidien savent que la promesse marketing ne vaut rien sans mesures de débit réel, de latence et de stabilité. La même prudence s’impose pour le RAN open, où les performances doivent être évaluées site par site, avec des scénarios de charge réalistes et des contraintes de transport bien modélisées.

Dans un réseau mobile, la radio reste l’élément le plus sensible, car elle conditionne directement l’expérience utilisateur, du débit descendant jusqu’à la latence ressentie en visioconférence. Les unités radio Open RAN doivent donc offrir un niveau de performance comparable aux solutions intégrées, tout en restant interopérables avec plusieurs fournisseurs de BBU et de RIC, ce qui n’est pas encore systématiquement le cas. Les retours de Rakuten Mobile au Japon montrent que la mise au point d’un réseau radio entièrement basé sur des fonctions virtualisées conteneurisées et sur un Cloud RAN a nécessité plusieurs années d’optimisation avant d’atteindre une stabilité acceptable.

Pour les opérateurs européens, la question n’est pas seulement de savoir si Open RAN architecture réseau opérateur télécom peut briser le duopole Ericsson Nokia, mais de déterminer qui contrôlera les couches logicielles critiques. Un RIC hébergé dans le cloud d’un hyperscaler, un réseau de transport IP fourni par un équipementier tiers et des unités radio multi fournisseurs créent une chaîne de dépendances nouvelles, parfois plus complexes à gérer que le modèle historique. La souveraineté se joue alors dans la capacité à imposer ses propres interfaces, à maîtriser le découpage réseau et à garder la main sur les données de performance qui alimentent les algorithmes d’optimisation.

3. Retour terrain : 1&1, Rakuten et les limites actuelles de l’Open RAN

Les expérimentations de 1&1 en Allemagne et de Rakuten au Japon sont souvent citées comme vitrines d’Open RAN architecture réseau opérateur télécom. 1&1 a choisi de construire un réseau mobile quasiment from scratch, en s’appuyant sur un RAN open et sur des fonctions virtualisées conteneurisées hébergées dans le cloud, avec un réseau de transport IP très maillé. Rakuten a suivi une trajectoire similaire, en misant sur un Cloud RAN massif, des unités radio multi fournisseurs et un RIC centralisé pour piloter l’optimisation radio.

Ces deux projets montrent que la désagrégation du RAN est techniquement possible, mais qu’elle ne réduit pas automatiquement le coût total de possession. Les investissements dans le réseau de transport, dans les plateformes de test et dans la gestion multi fournisseurs compensent largement les économies attendues sur les composants propriétaires radio, au moins dans les premières années. Les difficultés financières de Rakuten illustrent ce décalage entre la promesse d’une technologie open qui réduit le coût et la réalité d’un modèle économique encore en construction.

Pour 1&1, la dépendance à un écosystème limité de fournisseurs Open RAN a aussi montré que la diversification n’est pas immédiate, car peu d’acteurs sont réellement prêts pour un déploiement massif. Les opérateurs historiques, qui gèrent déjà des réseaux radio denses et des millions d’abonnés, regardent ces expériences avec intérêt mais aussi avec prudence, conscients que la migration d’un réseau existant vers une architecture Open RAN architecture réseau opérateur télécom serait bien plus complexe. La question n’est donc pas de savoir si Open RAN fonctionne, mais à quel coût, sur quelle durée et avec quel niveau de risque opérationnel.

Le rôle du réseau de transport et de la fibre dans l’équation Open RAN

Un point souvent sous estimé dans les débats sur Open RAN architecture réseau opérateur télécom concerne le réseau de transport, qui relie les sites radio aux data centers où tournent les fonctions virtualisées. La bascule du haut débit français du cuivre vers la fibre a montré à quel point la qualité du réseau de transport conditionne l’expérience utilisateur finale, même lorsque la radio est performante. Dans un RAN open, cette dépendance est encore plus forte, car le découpage réseau multiplie les échanges entre unités radio, unités centralisées et cœurs de réseau virtualisés.

Les opérateurs doivent donc investir massivement dans un réseau de transport IP Ethernet, souvent fourni par des acteurs comme Juniper ou Cisco, pour garantir une latence faible et une synchronisation précise entre les sites. Ce réseau de transport devient une pièce maîtresse de l’architecture, au même titre que les unités radio ou que le RIC, car la moindre congestion se traduit immédiatement par une dégradation de la qualité de service. Les gains qui réduisent le coût sur les composants radio peuvent être annulés par une sous estimation des besoins en capacité de transport, surtout dans les zones denses où les sites sont nombreux.

Dans ce contexte, Open RAN architecture réseau opérateur télécom ne peut être évaluée isolément, mais doit être analysée comme un ensemble cohérent qui englobe la radio, le transport et le cœur de réseau. Les opérateurs qui ont déjà modernisé leur réseau de transport pour la fibre et pour la 5G sont mieux placés pour expérimenter un RAN open, car ils disposent d’une base solide pour héberger des fonctions virtualisées conteneurisées. À l’inverse, ceux qui traînent encore des réseaux de transport hétérogènes risquent de transformer l’Open RAN en usine à gaz, où chaque nouvelle unité fonctionnelle ajoute une couche de complexité.

4. Open RAN : vers un Linux des télécoms ou vers un nouveau verrouillage ?

La comparaison entre Open RAN architecture réseau opérateur télécom et Linux revient souvent dans les conférences et les salons spécialisés. Certains y voient un futur écosystème ouvert, où les opérateurs pourraient assembler librement des briques logicielles et matérielles issues de multiples fournisseurs, comme on assemble aujourd’hui une distribution Linux avec des composants variés. D’autres redoutent au contraire un nouveau verrouillage, cette fois au niveau des plateformes cloud, des RIC et des outils de gestion, qui concentreraient la valeur loin des sites radio.

Pour l’instant, l’alliance RAN et l’O-RAN Alliance jouent un rôle central dans la définition des interfaces et des profils d’interopérabilité, mais la mise en œuvre concrète reste largement entre les mains de quelques grands acteurs. Les opérateurs qui veulent garder la main doivent investir dans leurs propres équipes d’intégration, capables de comprendre en détail le découpage réseau, les fonctions virtualisées conteneurisées et les contraintes du réseau de transport. Sans cette expertise interne, la promesse d’une technologie open risque de se transformer en dépendance accrue à un intégrateur ou à un hyperscaler, qui devient le véritable maître d’œuvre du réseau.

Pour les professionnels des télécoms, la question clé est donc de savoir où placer le curseur entre ouverture et maîtrise, entre mutualisation et souveraineté. Open RAN architecture réseau opérateur télécom peut briser une partie du duopole Ericsson Nokia, mais seulement si les opérateurs acceptent de reprendre une part de complexité qu’ils avaient déléguée à leurs fournisseurs historiques. À défaut, le duopole pourrait simplement changer de visage, en se déplaçant vers les plateformes logicielles et les clouds qui orchestrent le RAN open et le réseau radio de bout en bout.

Choisir ses batailles : où l’Open RAN a vraiment du sens

Pour un opérateur établi, la stratégie la plus réaliste consiste souvent à cibler des cas d’usage précis pour Open RAN architecture réseau opérateur télécom, plutôt que de viser une bascule totale du réseau. Les zones rurales, les réseaux privés 5G pour l’industrie ou les nouveaux entrants sans héritage historique sont des terrains plus favorables, où le découpage réseau et le network slicing peuvent apporter une vraie valeur. Dans ces contextes, les unités radio multi fournisseurs, les fonctions virtualisées conteneurisées et un RIC bien maîtrisé peuvent réellement réduire le coût total de possession sur la durée.

Les décideurs qui veulent suivre ces évolutions de près ont intérêt à fréquenter les grands événements télécoms francophones, où les retours d’expérience concrets sont partagés loin des plaquettes marketing. Les discussions de couloir sur les performances réelles d’un Cloud RAN, sur la stabilité d’un RIC en charge ou sur les difficultés d’intégration entre plusieurs fournisseurs valent souvent plus qu’un livre blanc très policé. Au final, ce ne sont pas les promesses d’Open RAN architecture réseau opérateur télécom qui trancheront, mais les débits mesurés un jeudi soir sur un site chargé, avec un réseau radio qui tient ou qui lâche.

Pour les ingénieurs réseau, la priorité reste de garder une vision claire des dépendances techniques, depuis les unités radio jusqu’au réseau de transport, en passant par les fonctions virtualisées conteneurisées et les outils de gestion. Un RAN open bien conçu peut offrir une vraie marge de manœuvre face aux grands équipementiers, mais seulement si chaque brique est choisie, testée et intégrée avec une exigence quasi obsessionnelle. Dans le cas contraire, l’Open RAN risque de devenir un nouveau mot valise, brandi dans les présentations, mais introuvable dans les KPI de qualité de service.

Chiffres clés et repères sur l’Open RAN

  • Les études de marché indiquent que la part de l’Open RAN dans les déploiements RAN 5G reste inférieure à 5 % des sites commerciaux, ce qui montre que la technologie en est encore à une phase d’adoption précoce par rapport aux solutions intégrées dominantes.
  • Les projets pilotes d’Open RAN rapportent souvent un surcoût initial de 20 à 30 % sur les phases de test et d’intégration, principalement lié à la complexité multi fournisseurs, avant d’espérer des économies sur le coût total de possession à moyen terme.
  • Les architectures Cloud RAN et RAN open nécessitent en moyenne une capacité de transport IP supérieure de 30 à 50 % par site par rapport à un RAN classique, en raison de la centralisation des fonctions BBU et de l’augmentation du trafic fronthaul et midhaul.
  • Les opérateurs qui expérimentent l’Open RAN ciblent majoritairement des déploiements limités, souvent inférieurs à 10 % de leur base de sites, afin de limiter les risques opérationnels tout en accumulant de l’expérience sur les fonctions virtualisées conteneurisées et sur le RIC.
  • Les analyses de coûts montrent que la part des licences logicielles et des services de gestion peut représenter jusqu’à 40 % du budget d’un projet Open RAN, ce qui confirme le déplacement de la valeur depuis le matériel radio vers les couches logicielles et d’intégration.

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